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République ouvrière nº 1

Automne/hiver 2017-2018

La Riposte : aile fédéraliste de QS

Québec solidaire inclut plusieurs collectifs soi-disant marxistes. Parmi ces solidaires se trouve La Riposte socialiste, affiliée à la Tendance marxiste internationale (TMI). La perspective de cette organisation est de se liquider dans n’importe quel parti, sans égard à sa nature de classe, en autant qu’il soit « populaire ». En Grèce, leur groupe a travaillé dans le parti bourgeois Syriza tandis qu’en France, leurs supporters ont joué les majorettes pour Mélenchon, défenseur du chauvinisme français républicain. Aux États-Unis, ils se sont enthousiasmés pour le politicien capitaliste Bernie Sanders, qui a appuyé les interventions militaires impérialistes en Afghanistan et en Syrie.

Mais La Riposte a ceci de particulier parmi les groupes réformistes qui soutiennent QS que, sur la question nationale, elle attaque celui-ci de la droite. Elle a un programme ouvertement anglo-chauvin qui s’oppose à l’indépendance du Québec. Cette ligne leur a été dictée de Grande-Bretagne, l’oppresseur colonial historique du Québec, par nuls autres que les dirigeants historiques de la TMI, Ted Grant et Alan Woods. Dans un document publié en 2000, « Le marxisme et la question nationale », ceux-ci dispensaient leurs commandements aux Québécois :

« Un marxiste dirait aux Québécois : oui, vous avez le droit à l’autodétermination. Nous allons défendre ce droit. Mais nous considérons que la séparation sera au détriment des Québécois et de tout le peuple du Canada. S’il y a un référendum nous allons certainement agiter et voter contre la séparation. Nous sommes pour un Québec socialiste dans un Canada socialiste ayant plein respect pour les droits nationaux comme la seule solution à nos problèmes. »

Avec ce plaidoyer répugnant et méprisant en défense de l’unité canadienne, la TMI endosse l’oppression permanente du Québec, qui signifie en fait son assimilation forcée dans l’Amérique du Nord anglophone. Elle est aussi en accord avec les positions du NPD, parti dans lequel La Riposte a aussi fait son nid. Le NPD, depuis toujours hostile aux droits nationaux du Québec, a notamment pris une part active dans le camp réactionnaire du « non » lors des référendums de 1980 et de 1995.

Pour justifier leur position, Grant et Woods transforment le slogan libérateur de Lénine sur l’autodétermination en une défense de l’oppression nationale, en affirmant : « Le slogan du droit à l’autodétermination, loin de sous-entendre l’appui à la séparation, était partie intégrante de la lutte contre la séparation » (souligné par eux !) En fait, Lénine a investi une importante partie de sa vie à dénoncer ces « socialistes » qui refusaient de défendre le droit des nations à exercer leur autodétermination. Lénine a appuyé l’indépendance de la Norvège vis-à-vis de la Suède en 1905. Il a appuyé le soulèvement de Pâques pour l’indépendance de l’Irlande en 1916. À ce sujet, il polémiquait justement contre les « économistes impérialistes » qui, comme Grant et Woods, ne considéraient pas que les luttes des nations opprimées soient dignes de soutien :

« Croire que la révolution sociale soit concevable sans insurrections des petites nations dans les colonies et en Europe, sans explosions révolutionnaires d’une partie de la petite bourgeoisie avec tous ses préjugés, sans mouvement des masses prolétariennes et semi-prolétariennes politiquement inconscientes contre le joug seigneurial, clérical, monarchique, national, etc., — c’est répudier la révolution sociale. C’est s’imaginer qu’une armée prendra position en un lieu donné et dira : “Nous sommes pour le socialisme”, et qu’une autre, en un autre lieu, dira : “Nous sommes pour l’impérialisme”, et que ce sera alors la révolution sociale ! C’est seulement en procédant de ce point de vue pédantesque et ridicule qu’on pouvait qualifier injurieusement de “putsch” l’insurrection irlandaise. »

— « Bilan d’une discussion sur le droit des nations à disposer d’elles-mêmes » (1916)

Sans surprise, La Riposte traite aussi la question linguistique de diversion. Dans un rapport sur la convention du NPD Québec en 2011, La Riposte en allait même à encenser leur héros Jack Layton (petit grenouilleur au conseil municipal de Toronto alors devenu chef du NPD) pour son insensibilité à l’oppression linguistique des francophones :

« Jack a eu raison de souligner que l’establishment est seulement intéressé par le débat linguistique le remuant sans cesse afin de détourner les ouvriers des vrais problèmes et des vraies solutions. »

— marxiste.qc.ca, 14 juillet 2011

La Riposte est donc indifférente aux luttes historiques (et contemporaines) des travailleurs québécois pour avoir le droit de travailler et vivre en français contre les patrons leur disant « speak white ». Pour La Riposte, « les vraies affaires » c’est de s’activer à faire élire les populistes bourgeois de QS et les sociaux-démocrates chauvins du NPD.

Comme le disait les congénères fédéralistes de La Riposte durant le référendum de 1980 : Non merci !

 

République ouvrière nº 1

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