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Le Bolchévik nº 199

Mars 2012

Elections 2012 : aucun choix pour les travailleurs

Pour un parti ouvrier révolutionnaire multiethnique !

21 février – Le président de la République française est le chef de l’exécutif, c’est-à-dire le dirigeant exécutif de l’Etat capitaliste, responsable en chef pour défendre les intérêts des capitalistes dans leur ensemble. Doté de pouvoirs exorbitants selon la Constitution issue du coup d’Etat gaulliste de 1958, le « chef de l’Etat » peut à volonté décréter la loi martiale, dissoudre le parlement, etc. Il est officiellement chef des armées, celles qui ont tué directement ou indirectement, rien que l’année dernière, peut-être des milliers de personnes en Côte d’Ivoire, en Libye, en Afghanistan et ailleurs. L’Etat est le comité exécutif de la classe dirigeante ; en son cœur il consiste en des bandes d’hommes armés (flics, armée, prisons, tribunaux) chargés de maintenir, grâce à leur monopole de la violence, le système de production basé sur l’esclavage salarié.

Comme le montre toute l’expérience chèrement acquise par le prolétariat international depuis les révolutions de 1848, la classe ouvrière, qui produit les richesses et surtout les profits qu’empochent les capitalistes, ne peut pas simplement mettre la main sur l’Etat capitaliste et l’utiliser pour son propre compte. Elle devra pour s’affranchir, et affranchir du même coup l’ensemble des opprimés, détruire l’Etat capitaliste et le remplacer par sa propre machine de répression des capitalistes récalcitrants : la dictature du prolétariat. Karl Marx avait tiré avec force cette leçon de la Commune de Paris, et Lénine l’avait confirmée avec la victoire de la Révolution russe d’octobre 1917. Nous luttons pour construire un parti ouvrier révolutionnaire du type de celui des bolchéviks de Lénine, indispensable à la victoire de la révolution.

Le prolétariat fait directement tourner les moyens de production : usines, mines, moyens de transport, etc. Aussi, lui seul a la puissance sociale, et l’intérêt objectif, pour prendre la tête de tous les opprimés et balayer le système capitaliste, ici et dans le monde entier. La révolution socialiste jettera les bases d’une économie planifiée rationnellement pour satisfaire les besoins et non pour fournir des profits. Un développement énorme des forces productives permettra d’avancer vers l’élimination de la pauvreté et de la pénurie et vers la création d’une société socialiste égalitaire.

Il découle de notre position révolutionnaire que nous marxistes refusons par principe d’occuper des postes exécutifs de l’Etat, car cela reviendrait à prendre la responsabilité pour mettre en œuvre l’appareil de répression capitaliste. Nous le refusons à tous les niveaux : depuis celui du président de la République en passant par les membres du gouvernement capitaliste, les préfets et jusqu’aux maires de villages, qui représentent l’Etat capitaliste au niveau des municipalités et disposent pour cela d’une série de pouvoirs, y compris des pouvoirs de police. Et il en découle aussi que nous refusons par principe de présenter des candidats à l’élection de tels postes. En effet, s’y présenter implique, qu’on le veuille ou non, que l’on est prêt à accepter de telles responsabilités, quels que soient les démentis que l’on puisse faire par avance. Cela ne peut que conférer une légitimité aux conceptions réformistes les plus répandues sur l’Etat, en donnant à penser que l’élection d’un « révolutionnaire » à la tête de l’Etat pourrait faire avancer les intérêts des travailleurs, voire nous faire l’économie d’une révolution (voir notre article « A bas les postes exécutifs de l’Etat capitaliste ! Principes marxistes et tactiques électorales », paru dans Spartacist édition française n° 39, été 2009).

Pour l’indépendance de classe du prolétariat ! A bas le front populaire !

Les marxistes peuvent toutefois envisager de donner un soutien critique à une autre organisation, même dans des élections présidentielles, du moment que cela peut faire avancer d’une manière ou d’une autre la conscience de classe du prolétariat. Mais dans les élections présentes, il n’y a personne à qui les marxistes puissent ne serait-ce qu’envisager de donner un soutien critique, car tous les candidats se réclamant peu ou prou du mouvement ouvrier sont dans le meilleur des cas une caution de gauche au candidat du PS et contribuent ainsi à alimenter des illusions dans le « changement » qu’il apporterait.

Tout ce que celui-ci, François Hollande, a promis, c’est de faire du sarkozysme « normal », sans bling-bling. En ouverture de sa campagne électorale, il s’est prononcé contre la tactique de l’« essuie-glace » (débat sur France 2, 26 janvier), c’est-à-dire qu’il n’effacera pas les attaques qu’a subies la classe ouvrière en dix ans de pouvoir de la droite. Hollande s’est engagé à priver de leurs droits à la retraite à taux plein tous ceux qui n’ont pas effectivement travaillé au moins 41 ans. Toute une partie de la bourgeoisie est excédée par Sarkozy – non pas tant par sa vulgarité tape-à-l’œil de nouveau riche que par le fait qu’il n’a pas rempli ses promesses de casser le mouvement ouvrier et spectaculairement gonfler le taux de profit des capitalistes. L’impérialisme français continuant de perdre du terrain par rapport à son rival allemand, il est impératif pour lui que son prochain commandant en chef mette en œuvre des attaques encore plus radicales contre la classe ouvrière et les opprimés. Hollande aurait l’avantage pour les capitalistes de bénéficier du soutien des bureaucrates syndicaux, qu’il a promis de « consulter » et de flatter en tant que « partenaires sociaux » pour diriger l’impérialisme français. Aucun vote pour François Hollande !

Hollande a aussi promis une lutte « implacable » contre les sans-papiers. Il a promis une « solution » pour les Roms en les mettant dans des « camps » pour « éviter que nous connaissions cette circulation encore et encore » (le Monde, 18 février). Une « solution finale » ? Il a promis d’embaucher plus de flics, attaquant de la droite Sarkozy sur un bilan « sécuritaire » insuffisant. Il a promis d’embaucher 60 000 personnes dans l’éducation – en les prenant sur d’autres postes dans la fonction publique et en pérennisant ainsi le tiers des 90 000 suppressions d’emplois pratiquées dans l’éducation par la droite ces dernières années.

S’il a promis de retirer les troupes françaises d’Afghanistan – que le gouvernement Jospin-Mélenchon avait envoyées il y a dix ans, avec Hollande comme chef du PS ! – c’est du point de vue des intérêts bien compris de l’impérialisme français : les pertes militaires subies ne justifient plus l’« avantage » de pouvoir entraîner les troupes à tuer de vraies personnes et de pouvoir négocier des contreparties avec les USA pour ses propres capitalistes. D’ailleurs Hollande a personnellement exprimé son soutien aux interventions militaires sanglantes de l’impérialisme français, organisées par Sarkozy, en Côte d’Ivoire et en Libye. Troupes françaises, hors d’Afghanistan, hors d’Afrique, hors du Liban, hors des Balkans, hors de la péninsule arabique !

François Hollande se présente de plus comme le candidat commun du PS et du Parti radical de gauche, un parti bourgeois. Ce genre de coalition est un « front populaire », un bloc entre partis ouvriers-bourgeois (des partis comme le PS ou le PCF ayant des liens avec le mouvement ouvrier et se réclamant d’une façon ou d’une autre de celui-ci, bien que leur direction et leur programme soient complètement bourgeois) et partis de la classe dominante, où ce sont inévitablement ces derniers qui donnent le caractère de classe de l’alliance, servant de garantie à la bourgeoisie que la coalition servira loyalement les capitalistes.

Les partis bourgeois servent aussi d’alibi aux réformistes pour leur propre programme bourgeois ; ainsi, le PCF prétendait encore en 1936 qu’il était pour des soviets (dans un avenir indéfini), mais concrètement il prônait un programme ultra modéré afin de préserver à tout prix l’alliance avec les « radicaux-socialistes » d’Edouard Herriot, le parti capitaliste par excellence de la Troisième République. Aujourd’hui le PS ne cache pas son programme bourgeois derrière les Radicaux, mais ceux-ci, ainsi que le parti bourgeois soi-disant « progressiste » des Verts avec qui le PS a déjà passé des accords électoraux pour les législatives, peuvent lui servir d’assurance en cas de soulèvement ouvrier, comme en Juin 36. Depuis cent ans, les partis ouvriers réformistes en France n’ont jamais gouverné sans faire un bloc de ce type avec des partis bourgeois.

En enchaînant les travailleurs à leur ennemi de classe, les alliances de front populaire pavent toujours la voie à la défaite, et c’est pourquoi c’est une question de principe pour les marxistes de s’y opposer. Le Front populaire de Juin 36 avait fini avec Pétain, celui d’Espagne la même année avec la dictature franquiste pendant près de quarante ans, celui du Chili avec le coup d’Etat de Pinochet en 1973. Dans le cycle ouvert par Mitterrand en 1981, le front populaire s’est chaque fois terminé par un retour en force de la réaction cinq ans plus tard, avec l’enracinement des fascistes du Front national.

Nous refusons également de donner le moindre soutien aux candidats de la « gauche de la gauche ». Les sociaux-démocrates du Parti communiste (PC) et du Parti de gauche (PG) se sont unis derrière Jean-Luc Mélenchon, ancien cadre de longue date du Parti socialiste qui avait occupé y compris un strapontin ministériel dans les dernières années du gouvernement Jospin, celui qui s’était vanté d’avoir effectué plus de privatisations que tous les gouvernements de droite précédents. Le PC et le PG se sont engagés avec force et inconditionnellement à « battre la droite » au deuxième tour, c’est-à-dire en clair à voter Hollande. Ils servent ainsi de simples rabatteurs de voix pour le front populaire.

C’est également le rôle du NPA d’Olivier Besancenot et Philippe Poutou ; d’ailleurs une bonne partie du NPA est en train de passer avec armes et bagages chez Mélenchon pour soutenir d’encore plus près le front populaire (et se rapprocher des sinécures que promet une victoire de la « gauche » aux élections). Quant à la candidate de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, elle refuse pour le moment de s’opposer au vote Hollande – ces opportunistes avaient appelé au soir du premier tour des élections de 2007 à voter pour Ségolène Royal. Nous appelons les travailleurs à ne pas voter aux élections présidentielles, ni au premier ni au deuxième tour.

Ni, de même, aux législatives qui suivront. Lénine décrivait ainsi le parlementarisme :

« Décider périodiquement, pour un certain nombre d’années, quel membre de la classe dirigeante foulera aux pieds, écrasera le peuple au Parlement, telle est l’essence véritable du parlementarisme bourgeois, non seulement dans les monarchies constitutionnelles parlementaires, mais encore dans les républiques les plus démocratiques. »

– l’Etat et la révolution (1917)

Toutefois, à la différence des présidentielles, les marxistes peuvent envisager de se présenter aux législatives pour utiliser la campagne électorale et, s’ils sont élus, la tribune du parlement pour faire de la propagande en tant qu’oppositionnels, c’est-à-dire opposés à l’exécutif capitaliste quels qu’en soient les détenteurs. Il s’agit de faire de la propagande révolutionnaire, agissant comme des tribuns de la classe ouvrière et des opprimés.

A bas l’Union européenne capitaliste ! Pour les Etats-Unis socialistes d’Europe !

On peut voir très clairement sur l’Union européenne combien le programme du PS est chauvin et anti-ouvrier. L’Union européenne est une formation entièrement réactionnaire, un consortium d’Etats impérialistes et d’Etats plus faibles, dirigé par l’Allemagne. L’objectif initial de ses prédécesseurs, la Communauté européenne du Charbon et de l’Acier, l’Europe des Six, etc., était de renforcer la cohésion économique de l’Europe occidentale, essentiellement la France et l’Allemagne, pour garantir la solidité de l’OTAN, le bloc militaire capitaliste contre l’Union soviétique. Le PS de Mitterrand-Mélenchon n’a pas peu contribué dans les années 1980 à la victoire de la contre-révolution capitaliste en Europe de l’Est, alors que nous, trotskystes, étions pour la défense militaire inconditionnelle de l’URSS. Pendant que la gauche en général, du PS à Lutte ouvrière, se réjouissait de la perspective d’une réunification capitaliste de l’Allemagne, nous avions lutté en 1989-1990 contre l’absorption de l’Etat ouvrier déformé est-allemand par l’Allemagne de l’Ouest capitaliste et pour une réunification révolutionnaire de l’Allemagne, au moyen d’une révolution politique prolétarienne contre la bureaucratie stalinienne parasitaire est-allemande, et d’une révolution socialiste à l’Ouest pour renverser et exproprier la bourgeoisie allemande.

L’URSS maintenant détruite, l’Union européenne (UE) est un simple bloc commercial entre des puissances impérialistes concurrentes, essentiellement l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, qui se sont fait deux fois la guerre entre elles rien qu’au siècle dernier pour la suprématie en Europe et pour arracher à leurs rivales des parts de marché au niveau mondial. Le seul objet de l’UE est de soi-disant promouvoir la « concurrence libre et non faussée » (alors que le capitalisme a atteint depuis plus de cent ans l’ère des cartels et des monopoles). C’est une couverture idéologique pour des attaques croissantes contre les acquis que les travailleurs avaient pu arracher par leurs luttes à l’époque où l’Union soviétique existait encore. Ainsi, la directive antisyndicale Bolkestein visait à mettre davantage en concurrence les travailleurs des différents pays d’Europe les uns contre les autres ; comme nous l’écrivions dans un tract (reproduit dans le Bolchévik n° 175, mars 2006), « la directive Bolkestein va droit au cœur de ce qu’est l’Union européenne ». Plus récemment, nous soulignions dans le dernier Bolchévik (décembre 2011) :

« L’UE est une construction fragile, exposée aux tensions constamment engendrées par la divergence des intérêts nationaux des impérialistes européens ; ces tensions menacent constamment de la faire éclater. Il ne peut en être autrement. Les forces productives ont depuis longtemps débordé du cadre national, et pourtant le capitalisme est un système qui repose fondamentalement sur les Etats-nations : chacune des différentes classes capitalistes nationales a besoin d’avoir son propre Etat pour promouvoir et défendre ses intérêts à l’intérieur et à l’étranger. De ce fait, sous le capitalisme, une union politique, ou un super-Etat européen, est un objectif nécessairement réactionnaire en même temps qu’une utopie fumeuse. »

Aussi, la Ligue communiste internationale s’est toujours opposée à l’Union européenne et son instrument monétaire, l’euro. En mai 1997, alors que se finalisaient les négociations interimpérialistes pour la création de l’euro, nous écrivions dans un tract qui appelait à ne pas voter pour le front populaire Jospin-PCF : « Si demain, face aux luttes ouvrières, l’“union monétaire” était abandonnée ou repoussée aux calendes grecques, ce serait une victoire pour les travailleurs, qui dans toute l’Europe, opposent une résistance acharnée à l’offensive capitaliste. » Nous expliquions à l’époque qu’une monnaie unique n’est pas viable en l’absence d’un gouvernement européen unique, et celui-ci « ne peut être réalisé que par les méthodes d’Adolf Hitler, et non par celles de Jacques Delors, l’architecte social-démocrate français de Maastricht » – et père de Martine Aubry, aujourd’hui dirigeante du PS (voir le Bolchévik n° 143, été 1997).

Si Hollande s’oppose à Sarkozy sur la question de l’Europe, c’est uniquement du point de vue des intérêts de l’impérialisme français, pas ceux des travailleurs. Hollande reproche à Sarkozy de s’être couché devant les rivaux allemands de la France ; il est allé à Londres pour non seulement rassurer les financiers de la City qu’ils n’avaient rien à craindre de ses discours contre « le monde de la finance », mais aussi pour plaider pour un resserrement des liens franco-britanniques face à l’Allemagne. Hollande n’a par exemple nullement l’intention de revenir sur les conditions imposées par Merkel et Sarkozy à la Grèce, menant celle-ci à l’asphyxie et plongeant son peuple littéralement dans la misère – et jetant les bases pour aggraver les attaques contre les travailleurs dans le reste de l’Europe, y compris en Allemagne et en France.

En France, l’Union européenne et l’euro sont une affaire où les sociaux-démocrates ont toujours joué un rôle décisif. Pour essayer de garder des leviers sur l’Allemagne, Mitterrand avait négocié avec le chancelier Kohl en décembre 1989 une monnaie commune en échange de son accord pour la réunification capitaliste de l’Allemagne, qui allait inévitablement à terme renforcer la puissance de l’Allemagne par rapport à la France. Il avait fait voter par référendum en 1992 le traité de Maastricht instituant l’euro (le « oui » ne l’avait emporté que de justesse, grâce notamment au vote de Mélenchon et à l’abstention de Lutte ouvrière). L’euro lui-même a été introduit sous le gouvernement PS-PC-Verts de Jospin, auquel prit part Mélenchon entre 2000 et 2002. Le PS de Hollande a plus tard fait campagne pour le traité de Lisbonne (repoussé par référendum en 2005 mais tout de même adopté en 2008 grâce à l’abstention ou au vote favorable de plus de 150 parlementaires PS). Avec sa décision de s’abstenir au parlement, le PS vient de sauver la dernière trouvaille merkozyste pour asphyxier la Grèce, dite « mécanisme européen de stabilité ».

Voici le bilan de l’UE pour l’impérialisme français. Grâce à la contre-révolution capitaliste en Europe de l’Est, et à la destruction des acquis sociaux et au laminage des salaires qui l’y ont accompagnée, la bourgeoisie allemande notamment a pu délocaliser une part croissante des intrants de ses produits industriels vers ces pays qui constituent de plus en plus son hinterland (arrière-pays) économique ; la force de l’euro par rapport aux monnaies locales a encore abaissé le coût de ces produits pour les capitalistes allemands. La réduction des salaires en Allemagne même, notamment sous les gouvernements sociaux-démocrates présidés par Gerhard Schröder dans les années 2000, s’y est ajoutée pour donner un avantage compétitif croissant aux capitalistes allemands par rapport aux français. Les réformistes français, qui avaient soutenu la contre-révolution (au nom de l’avènement de la « démocratie ») et l’Union européenne sont maintenant fort déçus du résultat : c’est leur propre bourgeoisie qui coule.

En fait, aucun candidat du mouvement ouvrier dans ces élections ne s’oppose ni de près ni de loin à l’Union européenne. Mélenchon et le PCF voudraient que la Banque centrale européenne distribue de l’argent aux pauvres (le tout payé en fin de compte par les capitalistes allemands via une dépréciation de l’euro et/ou via des « eurobonds »), propageant ainsi l’illusion que l’UE et son institution monétaire pourraient se mettre au service des opprimés. Tant qu’ils y sont, pourquoi ne pas demander à Le Pen de défendre les immigrés ?

Mais le reste de la « gauche de la gauche » n’est pas en reste. Cela fait des années que le NPA, à la suite de son prédécesseur la Ligue « communiste révolutionnaire », se fait le chantre d’une Europe « démocratique et sociale », c’est-à-dire qu’il prétend qu’il pourrait y avoir une Europe capitaliste qui soit plus humaine que celle d’aujourd’hui. Le NPA détourne ainsi la classe ouvrière de la lutte pour renverser le système capitaliste tout entier et pour fonder sur cette base révolutionnaire internationaliste des Etats-Unis socialistes d’Europe. Ces larbins de leur propre impérialisme tancent les travailleurs grecs et français qu’ils doivent rester prisonniers du carcan de l’euro, que le NPA présente comme un cadre protecteur face à leur propre bourgeoisie nationale. Ainsi l’éditorial de TOUT est à nous ! LA REVUE du NPA de janvier, signé Yvan Lemaitre, déclare à propos du retour aux monnaies nationales :

« Un tel retour en arrière enfermerait les travailleurs dans le carcan national à la merci de bourgeoisies nationales acharnées à défendre leur maigre place au sein de la nouvelle division internationale du travail. Il y a une autre issue, démocratique et progressiste, au sein de cette Europe devenue la nouvelle arène des luttes des travailleurs et des peuples. »

Comme Lemaitre est opposé à la révolution socialiste, il ne peut concevoir l’opposition à l’Union européenne capitaliste et à l’euro que d’un point de vue nationaliste de droite. Il a le cynisme de condamner « la propagande réactionnaire, chauvine et nationaliste qui prône le retour aux monnaies nationales et le repli derrière les frontières ». En fait c’est la faillite de la gauche, apôtre de l’Europe capitaliste « démocratique et sociale », qui gonfle les voiles de la démagogie des fascistes : elle leur laisse le monopole de l’opposition à l’Union européenne au nom de laquelle sont saccagés les acquis des travailleurs – et notamment des travailleurs allemands, qui ont été parmi les principales victimes des mesures de « compétitivité » en Europe. Les deux seuls candidats déclarés dans ces élections qui soient contre l’euro sont Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, un vieux-gaulliste d’extrême droite.

(Le « Parti ouvrier indépendant » (POI) a sa propre ligne ultra-chauvine délirante franco-française ; lors du rassemblement du 13 février à Paris à propos de la Grèce, ses militants scandaient des slogans contre l’Union européenne, « agence américaine », et demandaient le départ de la troïka UE-FMI-BCE… de Paris, peut-être pour protéger la belle France des méfaits de celle-ci. Ils masquent ainsi le rôle de l’impérialisme français dans l’oppression de la Grèce.)

Le protectionnisme, une réponse réactionnaire aux attaques capitalistes

Partout en Europe monte le nationalisme, expression idéologique de l’aiguisement des rivalités entre les bourgeoisies capitalistes sur le continent. Pour le combattre il faut rompre ouvertement avec la fiction réactionnaire d’une unification capitaliste de l’Europe et lutter au contraire pour l’internationalisme prolétarien révolutionnaire, et notamment aujourd’hui en solidarité avec nos frères de classe grecs qui étouffent sous le joug de la BNP, de la Deutsche Bank et de la BCE. Il faut s’opposer aux campagnes protectionnistes pour taxer les produits d’importation, « produire français » ou « produire en France », qu’elles viennent de Sarkozy, de Hollande ou de Mélenchon (voir notamment notre article dans le Bolchévik n° 197 de septembre dernier, « PS, PCF, PG, NPA prônent l’alliance avec leur propre bourgeoisie contre les travailleurs d’autres pays – Le protectionnisme : une réponse réactionnaire aux attaques capitalistes »). Il faut s’opposer au poison chauvin des rares idéologues « de gauche », comme Jacques Sapir (Faut-il sortir de l’euro ?) ou Jacques Nikonoff (Sortons de l’euro !), qui s’opposent à l’euro pour mieux préconiser le protectionnisme. Comme nous le disions à propos d’un article paru dans la revue Inprecor (juillet-août-septembre 2011) de Michel Husson, économiste fétiche du NPA (article où Husson défendait aussi l’euro) : « Le NPA veut faire croire qu’on peut réformer à bon compte le capitalisme, et en faisant la promotion d’un “bon” protectionnisme il donne de la légitimité au protectionnisme du Front national » (le Bolchévik n° 197, septembre 2011).

Et de même le PCF avec son « produisons français » qu’il vient de ressortir il y a quelques mois, et que reprend le FN. Aujourd’hui le FN demeure essentiellement une enveloppe parlementaire, mais sur le fond le fascisme, ce sont des nervis paramilitaires qui pratiquent la terreur raciste et dont la cible est au fond la classe ouvrière. Le système capitaliste décadent constitue le terreau dont se nourrissent les fascistes. En cas de crise aiguë la bourgeoisie les mobilise contre la classe ouvrière, comme en Allemagne en 1933. C’est pourquoi la lutte contre les fascistes est inséparable de la lutte pour la révolution socialiste. Pour les écraser il faut mobiliser la classe ouvrière en défense des musulmans, des immigrés, des homosexuels et de toutes les victimes désignées de cette racaille et lutter pour renverser le capitalisme – une perspective à laquelle les bureaucrates syndicaux sont hostiles, car ils cherchent à maintenir les syndicats enchaînés à l’ordre capitaliste.

Il faut combattre les licenciements qui menacent les travailleurs dans les usines que délocalisent les capitalistes à la recherche d’un profit maximal. Mais le protectionnisme signifie chercher un accord avec les capitalistes français pour maintenir la production ici contre les travailleurs des autres pays. C’est tout le contraire d’un programme internationaliste prolétarien, basé sur une lutte de classe commune par-delà les frontières contre ces mêmes capitalistes pour défendre et étendre les acquis des travailleurs. Pour lutter contre les manœuvres de la bourgeoisie pour diviser les travailleurs internationalement, il faut lutter pour des augmentations de salaires y compris dans les filiales et chez les sous-traitants dans d’autres pays. Il faut lutter pied à pied contre les licenciements en revendiquant le partage du travail entre toutes les mains, avec réduction du temps de travail correspondante sans perte de salaire. Il faut lutter pour l’embauche en CDI de tous les intérimaires et contrats précaires. A travail égal, salaire égal !

Cela exige de lutter pour des syndicats industriels regroupant dans une même organisation de lutte tous les travailleurs sur un site donné, y compris s’il s’agit de sous-traitants, d’entreprises françaises ou étrangères. Et cela en retour exige de lutter pour une nouvelle direction dans les syndicats, une direction révolutionnaire internationaliste remplaçant des bureaucrates qui se satisfont de la division des travailleurs syndiqués entre plusieurs syndicats concurrents, qui se satisfont même du faible nombre de syndiqués étant donné que c’est pour l’essentiel les patrons et l’Etat qui financent leur appareil.

La division de la classe ouvrière selon les frontières, avec le protectionnisme, va de pair avec la division des travailleurs à l’intérieur du pays selon des lignes ethniques, raciales ou sexuelles. Mélenchon, le plus clair avocat du protectionnisme parmi les candidats du mouvement ouvrier, n’a pratiquement rien à dire contre les campagnes racistes du gouvernement dans sa plaquette-programme de 96 pages. Il en va pourtant de l’unité du prolétariat multiethnique et multiracial de ce pays. Pleins droits de citoyenneté pour tous ceux qui sont ici ! A bas les expulsions de sans-papiers ! Le mouvement ouvrier doit défendre les jeunes de banlieue ! A bas la campagne raciste contre les femmes voilées !

LO se présente comme la vraie candidature PCF

Par rapport à ce marais, Nathalie Arthaud, la candidate de Lutte ouvrière, se présente comme la seule « candidature communiste ». Elle cherche à tirer profit des réticences initiales d’une partie significative des militants PCF à soutenir la candidature du jauressiste Mélenchon. (Jean Jaurès, qu’Engels traitait fort à propos de « phraseur », était à l’origine un radical bourgeois et sa politique n’évolua guère même quand il se déclara « socialiste ».) Mais le programme d’Arthaud n’a rien à voir avec le communisme. D’ailleurs l’UE, l’euro, LO a toujours été pour ; dans leur dernier document de conférence (Lutte de Classe n° 140, décembre 2011-janvier 2012) ils se lamentent que ces derniers temps « les quelques pas en avant faits par les bourgeoisies pour surmonter les rivalités nationales, comme dans le domaine de l’unification monétaire, sont aujourd’hui menacés ». Ils ont toujours célébré la soi-disant « ouverture des frontières » à l’intérieur de l’espace Schengen, alors qu’à tout moment il y a selon les estimations environ 100 000 personnes dans l’Union européenne qui sont en prison pour défaut de papiers, et 140 000 sont expulsées chaque année – et environ 15 000 personnes sont mortes en vingt ans en essayant de pénétrer cette forteresse raciste.

Voilà des gens qui se réclament soi-disant du « communisme », mais qui foulent aux pieds les principes les plus élémentaires de la lutte de classe en refusant de montrer à la classe ouvrière qu’on ne vote pas pour qui s’allie avec l’ennemi de classe bourgeois : LO a décidé lors de son récent congrès, en décembre dernier, de ne pas s’opposer à Hollande, en tout cas pas avant le soir du premier tour des élections. La candidature de LO n’est dès lors qu’une candidature pour faire pression sur le front populaire pour infléchir un peu à gauche sa politique une fois au pouvoir : « Même ceux qui, dans l’électorat populaire, par dégoût de Sarkozy, choisiront de voter pour Hollande au deuxième tour, ont intérêt à exprimer au premier tour qu’ils ne lui font pas confiance, qu’ils le garderont à l’œil et que, même avec la gauche au pouvoir, ils sauront imposer leurs exigences » (programme électoral de Nathalie Arthaud).

Quelle que puisse être la déclaration de Nathalie Arthaud le soir du premier tour à 20 heures, celle qu’avait faite dans les mêmes conditions Arlette Laguiller lors des élections de 2007 (appel à voter Ségolène Royal « sans réserve mais sans illusion ») laisse présager du pire. Même si LO s’avisait brusquement de préconiser l’abstention, leur participation continue depuis 2008 aux blocs municipaux de front populaire pour gérer le capitalisme localement, sous l’autorité de maires PCF ou chevènementistes, montre que LO ne s’oppose en rien à la collaboration de classes (y compris ils votent le budget). Aucun vote pour Nathalie Arthaud !

LO n’a jamais fait mystère du caractère réformiste de son municipalisme et de son syndicalisme. Ils écrivaient dans leur revue Lutte de Classe (février 2008) : « Par définition, l’activité municipale comme l’activité syndicale ne peuvent être révolutionnaires, mais sont réformistes. » Encore le mois dernier Jean-Pierre Mercier, porte-parole de Nathalie Arthaud et membre de la majorité municipale de Bagnolet, a signé une déclaration spéciale de solidarité politique avec le maire PCF, Marc Everbecq. Cette déclaration prenait la défense du « “vivre ensemble” et les solidarités », ainsi que de la « construction citoyenne », le soi-disant mode de gouvernement d’Everbecq. « Construction citoyenne » ou démolition raciste ? Les habitants d’un squat de travailleurs africains démoli à la tractopelle il y a deux ans par les services du maire apprécieront (voir notre article « Expulsions racistes à Bagnolet – LO se solidarise avec les expulsés… pour redorer le blason de la municipalité PCF », le Bolchévik n° 192, juin 2010). Voter le budget du maire, comme le fait Mercier depuis des années, cela veut dire justement lui payer sa tractopelle.

LO défend son réformisme municipal en argumentant que c’est là une longue tradition du mouvement ouvrier. Du mouvement ouvrier français, malheureusement oui, mais pas de Lénine. Celui-ci avait lutté avec acharnement en 1917 contre ses propres camarades qui voulaient précisément continuer les pratiques réformistes de la Deuxième Internationale au niveau de la gestion municipale (voir notre article dans Spartacist n° 39 sur les postes exécutifs). Ce n’est pas un hasard si la Constitution française exige depuis cinquante ans que le candidat au poste exécutif suprême soit parrainé par un certain nombre d’élus, dans leur immense majorité des maires qui justement exercent au quotidien un mandat exécutif.

Mercier est par ailleurs bureaucrate syndical à l’usine PSA d’Aulnay (voir notre article dans le Bolchévik n° 197 de septembre 2011). Face aux menaces de fermeture de cette usine, la CGT qu’il dirige vient d’organiser le 18 février une manifestation commune dans la ville avec le maire PS... et avec le SIA, le syndicat-maison de PSA (ex-CSL, des briseurs de grève de sinistre mémoire) ! En faisant ainsi l’unité avec les jaunes, LO pave la voie à la paralysie de la lutte et à la défaite face aux patrons. Le SIA a non sans raison cosigné une lettre de la CGT de décembre dernier à Sarkozy le suppliant de s’engager « par écrit » pour sauvegarder l’usine – après tout, ce ne serait pas sa première promesse de ce genre. Mercier lui-même croit-il qu’on peut défendre les emplois avec des bouts de papier de ce genre ?

On a malheureusement vu LO en action lors de la lutte en défense des retraites fin 2010. A l’époque ils se sont félicités de l’action des bureaucrates syndicaux, prétendant que cela « ne s’est pas fait au détriment des travailleurs » – pas étonnant, vu que leur propre rôle était d’« essayer d’être les meilleurs militants d’un mouvement déclenché et dirigé par les appareils bureaucratiques » (document adopté par la conférence de Lutte ouvrière, Lutte de Classe, décembre 2010-janvier 2011). En effet, ils sont maintenant eux-mêmes les bureaucrates syndicaux au niveau de nombreuses entreprises. Un an plus tard, ils ont subrepticement révisé leur bulletin de victoire en glissant dans un nouveau document de conférence que « le constat n’est évidemment pas le même un an après » (Lutte de Classe, décembre 2011-janvier 2012). Quant à réexaminer leur rôle dans cette défaite, LO en est loin ; mieux vaudra se référer à notre article « Leçons des grèves de l’automne en défense des retraites » (le Bolchévik n° 194, décembre 2010).

Au fond, le programme électoral de LO se résume à vouloir « imposer au grand patronat l’interdiction des licenciements », « imposer à l’Etat d’embaucher » et « imposer le contrôle des travailleurs sur les entreprises industrielles et bancaires », le tout avec des augmentations de salaires et alignement automatique des salaires sur les prix. Tout cela, ils veulent l’« imposer aux possédants et aux gouvernants, quels qu’ils soient ». Le malheur, c’est qu’imposer aux capitalistes l’« interdiction » des licenciements, etc., ce serait leur imposer qu’ils cessent de faire fonctionner leur économie pour la production de profits, leur imposer de cesser d’être eux-mêmes.

LO pense que les exigences vitales des travailleurs peuvent « être imposées […] par une lutte collective des travailleurs, suffisamment massive, suffisamment explosive, pour menacer réellement la classe capitaliste. […] la classe capitaliste ne lâchera rien sans sentir la colère ouvrière et la menace sur ses profits et sur sa fortune. » Mais si une telle lutte explosive se produit, ce n’est pas là que les choses sérieuses se terminent, c’est là qu’elles commencent : ou bien on se satisfait d’avoir obtenu ces « exigences vitales » sous la menace, ou bien l’on va de l’avant pour renverser le capitalisme. LO se limite manifestement à la première perspective, promettant ainsi de réitérer les trahisons du PCF en Juin 36 ou en Mai 68, où le PCF avait fait retourner les ouvriers au travail après quelques concessions économiques de la bourgeoisie, trahissant ainsi la possibilité d’une révolution socialiste. Comme toujours dans ces cas-là, les concessions obtenues sont immédiatement minées par les capitalistes qui n’auront de cesse qu’elles ne soient vidées de tout contenu.

De même, le « contrôle des travailleurs sur les entreprises industrielles et bancaires » ne peut être qu’une phase de la lutte des travailleurs pour imposer leurs propres organes de pouvoir, au niveau de l’usine et au niveau de l’ensemble de la société et pour liquider la propriété capitaliste pour de bon. Si l’on ne pose pas la perspective ainsi, d’un point de vue révolutionnaire, et LO ne le fait pas, il s’agit simplement de la cogestion où les bureaucrates syndicaux prennent part aux décisions des actionnaires pour mieux accroître le taux de profit des capitaux de ces derniers – et, en cette période de crise aiguë du capitalisme, « accompagner » les licenciements et les fermetures d’usines. Les mots suivants de Trotsky sont ici intégralement pertinents vis-à-vis de LO :

« La social-démocratie classique, qui développa son action à l’époque où le capitalisme était progressiste, divisait son programme en deux parties indépendantes l’une de l’autre : le PROGRAMME MINIMUM, qui se bornait à des réformes dans le cadre de la société bourgeoise, et le PROGRAMME MAXIMUM, qui promettait pour un avenir indéterminé le remplacement du capitalisme par le socialisme. Entre le programme minimum et le programme maximum, il n’y avait aucun pont. La social-démocratie n’en avait nul besoin, car de socialisme, elle ne parlait que les jours de fête. […]
« Dans la mesure où les vieilles revendications partielles “minimum” des masses se heurtent aux tendances destructives et dégradantes du capitalisme décadent – et cela se produit à chaque pas –, la IVe Internationale met en avant un système de REVENDICATIONS TRANSITOIRES dont le sens est de se diriger de plus en plus ouvertement et résolument contre les bases mêmes du régime bourgeois. Le vieux “programme minimum” est constamment dépassé par le PROGRAMME DE TRANSITION dont la tâche consiste en une mobilisation systématique des masses pour la révolution prolétarienne. »

– Programme de transition (1938)

La démoralisation frappe le mouvement ouvrier depuis vingt ans, avec la contre-révolution en Union soviétique et la campagne sur la soi-disant « mort du communisme ». Cette démoralisation ne rend la contradiction que plus criante entre les tâches objectives auxquelles fait face le prolétariat et le niveau de conscience de celui-ci, mais elle ne change rien au fait que la seule manière de résoudre cette contradiction, c’est de lutter pour un parti ouvrier révolutionnaire. Au cours de la lutte de classe, ce n’est pas spontanément que la classe ouvrière se dotera d’une conscience socialiste, comme veut le faire croire LO « les jours de fête », mais par l’intervention d’un parti léniniste.

Dans ces élections, il n’y a aucun choix pour les travailleurs. Il n’y a aucune candidature qui présente, même au premier tour, même d’une façon grossière, une ligne d’indépendance de classe contre Hollande et Sarkozy, les deux principaux candidats considérés par la bourgeoisie pour diriger l’impérialisme français dans la période à venir. Quel que soit l’élu, la classe ouvrière va faire face à un renforcement de l’offensive capitaliste contre ses acquis. Elle sera d’autant mieux préparée à y faire face qu’elle aura refusé d’écouter les sirènes du front populaire et de lui accorder ses suffrages. Surtout, elle a besoin d’une nouvelle direction, une direction révolutionnaire. Nous luttons pour construire le parti léniniste qui un jour la conduira à la victoire et au renversement du capitalisme. Pour reforger la Quatrième Internationale, parti mondial de la révolution socialiste ! Pour les Etats-Unis socialistes d’Europe !

 

Le Bolchévik nº 199

Le Bolchévik nº 199

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